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La colère des lycéens

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Le mouvement contestataire des lycéens, initié le 18 septembre entre aujourd’hui dans sa 3ème phase.

Le mouvement apparaît dans un contexte de rentrée scolaire marquée par des revendications concernant les moyens attribués aux établissements et les conditions d’enseignement.

Pour ce qui est des revendications des lycéens, on y retrouve la majorité des sujets signalés par le SNALC depuis de nombreuses années : problème des remplacements, classes surchargées, anxiogénéité de Parcoursup, vétusté ou inadaptation du bâtimentaire. Sur ces points précis, vous remarquerez qu’en dehors de Parcoursup, c’est tout le système scolaire qui en est victime, de l’école au supérieur. Aussi il serait regrettable que le gouvernement prenne des moyens de l’école ou du collège pour répondre à l’urgence des lycées.

L’amélioration des conditions de travail a été maintes fois abordée par le SNALC.

Alors quel constat pouvons-nous faire. Si le dialogue social avait pleinement fonctionné, si notre ministère avait pris en considération les corps intermédiaires que sont les syndicats, il n’y aurait pas eu nécessité à nos lycéens d’exprimer leur colère dans la rue. Quel mauvais signal envoyé par nos dirigeants à notre jeunesse.

Mais nous voilà donc au pied du mur, avec un gouvernement qui ne pourra que faire des promesses face à une agitation légitime de notre jeunesse, accompagnée parfois de violences et de dégradations indésirables.

Pour les promesses : sur le remplacement et les classes surchargées, à part déshabiller Pierre pour habiller Paul, je ne vois pas comment mobiliser du jour au lendemain le personnel nécessaire. Pour le bâtimentaire, c’est du ressort des régions. Sur parcoursup qui était censé répondre entre-autre au déséquilibre entre l’offre et la demande, la marge de manœuvre risque d’être limitée. Aussi je doute fort que les lycéens se satisfassent des annonces gouvernementales.

Face à ce constat, le SNALC s’inquiète fortement de l’évolution de cette crise et insiste sur la priorité de protéger le personnel et les élèves. Nous rappelons que près de 80 personnels de l’éducation nationale dont 40 chefs d’établissements ont été victimes de violences depuis le début du mouvement, au moins 215 élèves blessés. Cela n’est pas acceptable.

Enfin derrière les revendications encore une fois légitimes des lycéens, se cache sans doute un malaise profond chez nos jeunes. La réforme des lycées en a sa part de responsabilité, avec des classes atomisées, des emplois du temps parfois surréalistes, des choix d’options cornéliens, parfois des élèves avec un référent lointain qu’est devenu leur professeur principal, la multiplicité d’offres préparatoires dès la classe de première pour répondre aux exigences de certaines études supérieures. Bref éclater les groupes classes et individualiser à outrance les parcours scolaires peut plonger de nombreux élèves dans une profonde solitude et une vive anxiété pour leurs choix futurs.

Encore une fois, le SNALC a dénoncé et contesté à maintes reprises la réforme du lycée et du baccalauréat.

Le  SNALC  ne peut que souhaiter que ses alertes ne restent sans réponses satisfaisantes. Nous ne pouvons qu’insister sur la nécessité d’un dialogue social constructif, pour un meilleur traitement de l’ensemble du personnel de l’Education Nationale. L’avenir de notre école, de notre jeunesse et donc de notre société en dépend.

Jean-Marc Fournier, pour le SNALC Clermont-Fd